Août 1915 13 Juillet 1915 (1) 13 Juillet 1915 (2) Accueil Juin 1915 Juillet 1915 (2) Juillet 1915 Durant cette période les troupes allemandes s'infiltrent par petit groupe dans les premières lignes Françaises, plutôt que d'opérer à un assaut frontal, les groupes s'infiltrent par les boyaux de l'arrière et coupent les premières lignes d'accès des renforts. Aussitôt les positions occupées, les allemands installent des mitrailleuses et construisent des barrages entre les tranchées ; dans les premières lignes, les rapports indiquent clairement que l'ennemi s'infiltre dans la zone à grand renfort de liquide enflammé, de bombes et de grenades. L'effet des gaz est désastreux pour les Français pas encore "habitué" à une attaque d'envergure au gaz, d'autant plus que l' équipement de l'époque est très rudimentaire, un simple tampon antigaz couvre une partie du visage. Concernant l'attaque au moyen de liquide enflammé, un rapport du 91e RI décrit parfaitement la situation au moment de l'assaut: " L' attaque sur le 1er bataillon fut dirigée sur la compagnie de droite qui vit arriver devant elle une ligne de grenadiers sans tunique et sans armes avec des musettes remplies de grenades; de distance en distance se trouvaient des hommes ayant à la main des bouteilles; en arrière des colonnes par quatre. Les grenadiers et les porteurs de bouteilles lancèrent leurs engins, un liquide enflammé se répandit dans les tranchées obligeant les défenseurs de la 1ère ligne à se retirer sur la tranchée de soutien.
A cette période de juillet 1915, les ouvrages Français étaient construit en rondin de bois, la protection qu'offrait ces abris était sommaire. Plus tard les ouvrages seront fortifiés en ciment.
L'offensive allemande est un vive succès, dans un premier temps les bataillons en ligne sont désemparés, les unités Françaises qui ont subit le choc de l'attaque ont tenté de garder les positions mais devant l'ampleur de l'offensive et les moyens mis en oeuvre: gaz, liquide enflammé, artillerie lourde, le front est disloqué et les unités se sont repliées vers une seconde ligne de défense. Dans le secteur des Meurissons, de La Fille Morte, Fer à Cheval et côte 285 (plus à l'est du dispositif) le front est nettement entamé dans le dispositif Français (voir carte). L'Etat Major Français a bien ordonné des contre offensive mais une bonne partie échoue sauf à la côte 285 sur la route de la Haute Chevauchée.
12h , le Caporal Damiens de la Cie de mitrailleuses, chef de la pièce située à la position "Y" (voir carte) ouvre le feu sur un groupes de soldats allemands qui viennent de quitter l'ouvrage Zuzanne et se dirigent vers la position "Fer à Cheval" (250 hommes environ) 12h30 le Commandant Maupoil et son bataillon sont envoyés dans le secteur de l'ouvrage 13 et des la position du "Fer à Cheval" afin de combler les pertes occasionnées par l'effet des gaz sur le 76e RI. Il devra à 14h30 déclancher une contre attaque près des ouvrages 13 et 14 (voir carte). 15h30 , la contre attaque s'élance avec 1h de retard suite à un changement de PC dans les ouvrages 17 et 18. Le Bataillon franchit les tranchées du 131e RI mais après avoir gagné une cinquantaine de mètres il est pris sous un feu violent qui l'arrête. Une seconde contre attaque à 17h30 ne peut déboucher; le Bataillon se cramponne au terrain et se présente comme suit: - 10e Cie en liaison avec la 4e Cie du 72e RI aux abords de l'ouvrage 13 - la 11e Cie sur sa gauche - la 9e Cie encore sur sa gauche - la 12e Cie à l'ouvrage 14
11h20, un message de la division ordonne que les 7e et 8e Cie du 72e RI doivent se porter à 800 mètres au Nord Est de La Chalade où elles seront sous les ordres du Commandant Geisz . L'Etat Major quant à lui se déplace au Chateau de La Chalade sous le tir de l'artillerie ennemie. 11h45 , la 6e Cie se porte à la position " La Corniche " à la disposition du Capitaine commandant le bataillon du 76e RI.
Dans un même temps, le Commandant Geisz avec les 7e et 8e Cie se trouvent sur le chemin qui, de la sortie Nord de La Chalade se dirige vers le Nord Est contre les pentes Sud de la côte 225 et au Sud Est de cette côte, environ 800 mètres du carrefour Nord de la Chalade; dans le sous secteur de droite (vallée des Meurissons) le Commandant Geisz avec ses deux compagnies se met à la disposition du Commandant Guillaume qui commande cette partie du front violemment attaquée. Aussitôt arrivé sur les lieux, le Commandant Guillaume ordonne une offensive dans le secteur de la Fille Morte (voir carte), sur le terrain les hommes sont déployés en tirailleurs, la 7e Cie commandée par le Capitaine Charpentier part à la baionette et permet l'occupation de la crête par son détachement après une violente attaque. Dans la soirée, le contact est pris avec un bataillon du 131e RI à gauche et le 89e RI sur la droite.
13 juillet 1915 , le général allemand Von Mudra décide de lancer une vaste offensive à un grand coup d'artillerie en Argonne secteur Ravin Courtes Chausses et côte 285. L'assaut sera lancé par la 33 Infanterie Division. L'attaque fut préparé dans les moindres détails et fera "école" en Allemagne; les horaires sont très précis et le minutage des opérations devra être respecté dans les délais. En préambule à cette offensive, un tir d'artillerie de gros calibre (210 et 305 mm) sera entrepris sur toute la zone de front de l'attaque, des minenwerfers lourds et légers seront également utilisés ainsi que des obus à gaz. Pour cela, les instructions précisent que si le vent est favorable les hommes seront équipés de masque pour la vague d'assaut. Aussitôt les tranchées Françaises occupées, les hommes devront construire des obstacles afin de parer à toute contre offensive, ils renforceront les parapet et empêcheront toute progression par l'installation des mortiers légers. Les tirs d'artillerie commence le 13 juillet à 3h30 du matin et se prolongeront jusqu'à 10h30.
17h , le Colonel et l'Etat Major quittent La Chalade pour Le Claon. La fin de journée et la nuit sont consacrées par les Cies en ligne au ravitaillement en munition, à maintenir et organiser les positions conquises et de les garder à tout prix.
Croquis indiquant la situation du Lt Ramade (72e RI) près de l'ouvrage 13 (voir carte ci dessous).
11h (suite), averti de la présence de l'ennemi au plateau du centre 13, le Lt Ramade de la 5e Cie est envoyé dans ce secteur est de se mettre sous les ordres du Commandant Giradet 76e RI. Le Lt Ramade est aussitôt envahit par la vague d'assaut, il résiste tant bien que mal à l'offensive en liaison avec une Cie du 131e RI. Malgré le feu des allemands appuyé par une mitrailleuse, les hommes du Lt Ramade parviennent à la hauteur du boyau A où il creuse aussitôt une tranchée (voir croquis).
Photo du Lt Ramade commandant la 5e Cie. Photo prise dans les tranchées en Argonne en avril 1916, le Lt Ramade sera détaché au service de l'aviation quelques semaines plus tard. (photo droit FD).
Au 72e RI , vers 3h30 les observateurs envoient les premiers messages indiquant un bombardement "excésivement violent" dans le secteur occupé par la 125e division. Le 1er bataillon est immédiatement alerté et porte sans délais 3 compagnies aux Courtes Chausses , la 2e Cie et 1 peloton de la 4e Cie au Fer à Cheval , la 3e Cie vers l'Etoile Bis , le 2e peloton de la 4e Cie au centre du dispositif. Les autres unités restent enréserve en seconde ligne. L'ordre d'alerte parvient aux Islettes (Etat Major du 72e RI) vers 3h45. A 4h10 ordre est donné aux 7e 8e 9e 10e 11e et 12e Cie de se porter au Claon sous les ordres du Commandant Maupoil du 3e bataillon. 7h du matin , le Commandant Geisz du 2e bataillon en réserve de secteur à La Chalade avec les 5e et 6e Cie reçoit l'ordre du commandant de la 250e Brigade de faire évacuer son secteur. Toute la zone des Courtes Chausses est maintenant sous le feu des obus à gaz, les premières lignes occupées par ceux du 76e RI subissent les premières actions de l'artillerie. 10h , le 2e peloton de la 5e Cie reçoit l'ordre de se porter au centre 13 sous le commandemant du S/Lt Huguet et de se mettre aux ordres du capitaine Raimon du 76e RI afin d'opérer à la défense de la seconde ligne de feu. 11h , l'offensive allemande se met en marche, à l'aide d'échelles et de passerelles ils franchissent les premières lignes, la troupe est équipée de bombes et de grenades; l'effort allemand porte principalement sur l'avancée Nord - Sud que forment les ouvrages Etoile Bis ( voir carte ). Les hommes des 76e et 91e RI subissent le plus fort de l'assaut au corps à corps dans les tranchées de première ligne.
Pertes du 72e RI au soir du 13 juillet 1915 Officiers tués : Lieutenant Maillard commandant la 9e Cie, S/Lt Sourie de la 2e Cie, Stassar 11e Cie, Marrot 8e Cie et Joly 8e Cie. Officiers blessés : Capitaine Samson de Sauval 11e Cie, Lt Moitrelle 12e Cie, Lt Matras Cie de mitrailleuses, S/Lt Huchiez 2e Cie, Sourisseau 7e Cie, Marchand 9e Cie, Bélanger 10e, Bourquin 10e Cie, Riol 12e Cie, Laurent 2e Cie et Boulay 10e Cie. Sous officiers, caporaux et soldats tués, blessés, et disparus (compris prisonniers): 543 hommes. Avant le 13 juillet 1915, les effectifs du 72e RI étaient de 2650 hommes Sous officiers, caporaux et hommes de troupe. Le lendemain de l'offensive, le régiment reforme ces bataillons et son effectif passe à 2107 hommes .