Accueil Avril 1915 Les Eparges Le 72e RI enJuin 1915 Page 2 Page 1 Page 2 13 Juillet 1915 Henri Pamart 72e RI
Henri Pamart ( parfois écrit Henry ) est né le 20 août 1895 à Bapaume (62). Il est le 3e garçon d'une famille de 4 enfants: Gaston Pamart ((18 ans) incorporé au 72e RI, grièvement blessé en Argonne le 9 novembre 1915, trépané en 1917 puis directeur d'un foyer de soldats (YMCA) à Souilly. Charles Pamart , son frère ainé, mobilisé à 21 ans, gazé au cours des combats dans la Somme en 1916. Henri Pamart exerce la profession d'employé de commerce. De la classe 1915, Henri n'est pas mobilisé en août 1914, il incorpore le 72e RI le 22 novembre 1914 comme soldat de 2e classe (M°1117) Au cours de cette période, il suit une instruction militaire à la caserne Guichen à Morlaix (29). Il rejoint son régiment au front le 22 avril 1915 avec le grade de Caporal. Henri arrive avec les renforts du mois d'avril 1915 alors que le 72e RI vient de subir de lourdes pertes sur la crête des Eparges. Selon un document des archives du 72e RI, Henri Pamart arrive avec 146 camarades de la classe 1915 en avril de la même année. Le total des renforts est de 307 soldats, caporaux, sous officiers et officiers. Selon ce même document, les renforts arrivent le 22 avril 1915 à 12h et sont aussitôt incorporés et partis le même jour aux tranchées, le document précise: " T ous ces hommes sont restés trop peu de temps en contact avec leurs chefs pour pouvoir être judicieusement appréciés par leur chefs ".
Le 13 juillet 1915 , les allemands lancent une vaste offensive sur le secteur occupé par les forces du 5e CA: l'objectif principal est la crête de la Fille Morte, côte 285 . Une opération secondaire est mise en place dans le secteur de Saint Hubert afin de mettre en liaison les deux divisions allemandes: la 27e et la 34e. Le premier coup de canon est donné dans la nuit du 12 au 13 juillet 1915 à 3h du matin, le déclenchement des assauts de l'infanterie a lieu à 7h pour le groupe d'aile gauche et à 10h30 pour l'attaque principale. Le 72e RI est alerté à 4h10 du matin il est aussitôt envoyé en renfort sur la ligne de front, les bombardement des Courtes Chausses surprend l'ensemble des bataillons par son intensité (obus de gros calibre) et l'utilisation intensif des gaz de combat.
Henri Pamart va combattre aux Eparges au cours des dernières offensives des 25 et 27 avril 1915. Début mai, le 72e RI est mis au repos à la caserne Chevert puis au carrefour de Bernatant avant de repartir sur la crête des Eparges du 9 au 16 mai 1915. Le 10 juin 1915, son régiment quitte définitivement les Eparges et part pour le front de l'Argonne dans le secteur de Bolante. Un échange de correspondances avec sa famille nous apprend que Henri Pamart est incorporé dans la 8e Compagnie du 2e bataillon. 1ere section ( voir ci contre ).
Emplacements des unités du 72e RI avant l'attaque du 13 juillet 1915. L'offensive allemande se concentre sur les points de fortifications 9.10.11.12 et 13 à l'est de la carte. les bataillons du 72e RI sont en alerte dans ce secteur avec des éléments du 91e RI et 131e RI.
Camille Tabouret est brancardier dans la 1ere compagnie du 2e bataillon au 72e RI, le 13 juillet 1915 il témoigne : " A 3h du matin nous sommes réveillés par un fort éclatement près de notre gourbi. Quelques temps après de nouveaux éclatements successifs se font entendre (...) préjugeant d'une attaque imminente nous estimons plus prudent de mettre en alerte et préparons notre sac. Tout à coup, l'un de nous dit: "sentez vous ? " nous sortons et un nuage bleu nous prend à la gorge, les allemands nous envoient les obus asphyxiants. Début d'affolement parmi nous, en effet beaucoup de camarades n'ont ni tampon, ni lunettes. Beaucoup d'entre nous suffoquent et certains même pris d'une toux irresistible vomissent. "
La côte 285 et la Fille Morte vu du côté allemand en 1915
Le bataillon dans lequel est incorporé Henri Pamart est commandé par le Commandant Nicolas Geisz (2e bataillon au 72e RI) . Ce bataillon qui était en réserve à Lachalade est alerté le 13 vers 7h du matin, il a avec lui les 5e et 6e compagnies. Les 7e et 8e compagnies rejoindront plus tard. Le compagnies se positionnent dans les abris de la route Marchand (voir carte ci dessus) et sont à la disposition du commandant Vialat du 76e RI également présent dans le secteur des combats. L'offensive allemande prend de l'ampleur dans le secteur des ouvrages 10.11.12 et 13 (voir carte ci dessus), ceux ci sont partiellement abandonnés au prix de lourdes pertes. A 14h, le Commandant Geisz mobilisent ces compagnies (5.6.7 et 8) et montent vers la position dites "Le Cottage", à 15h10 il reçoit l'ordre de contre attaquer dans le secteur le plus fort de l'offensive, les ordres sont précis: "R écupérer la partie ouest de la crête de la Fille Morte ". Henri Pamart se trouve parmi les compagnies mobilisées pour cette contre attaque, le déploiement se fait en tirailleur, baionnette au canon à 200m du cottage dans la zone battue par l'infanterie ennemie et progression par bonds jusqu'à la crête malgré le tir de barrage de l'artillerie. L'attaque à la baionnette permet l'occupation de la crête par un détachement mais les pertes sont très élevées...dans la soirée un contact est pris avec des éléments du91e et 131e RI. En fin de journée du 13 juillet 1915 le 72e RI compte 543 tués, blessés et disparus. C'est au cours de cette contre attaque qu'Henri Pamart aurait été tué .
Commandant Nicolas Geisz 72e RI Argonne 1916