Accueil Bois Jaune Brûlé 1915Joseph Edouard Caron est né le 22 octobre 1885 à Saint Folquin (62). Fils de CARON Louis Joseph, cultivateur et journalier et de HETRU Zélie Emilie Flore, ménagère. Ovide son frère est tué en Alsace le 1er janvier 1916, sa soeur Joachime Amélina est née le 11 février 1900. Après de brillantes études, il exerce à l'âge de 21 ans la profession de clerc de notaire. De la classe 1906, Joseph Caron fait ses classes militaires au 147e RI incorporé le 8 octobre 1906. Il passe dans la disponibilité de l'armée d'active le 25 septembre 1908. Le 8 janvier 1909, il se réengage à St Omer (62) pour trois ans et treize jours au 16e BCP . Arrivé au corps et soldat de 2e classe le 12 janvier 1909. Caporal le 25 septembre 1910 . Passé dans la réserve de l'armée d'active le 21 janvier 1912.
Au cours de ses classes militaires au 147e RI Joseph Caron inscrit sur un petit carnet de comptes ses souvenirs jusqu'en septembre 1907. Il y fait état sur les dernières pages des manoeuvres militaires entre le 3 et le 17 septembre 1907, partant de Sedan . Il y note les villes traversées et les distances impressionnantes réalisées à pied ... 17, 27, 15, 17, 33, 32, 35, 37, 35, 12, 28, 29, et 27 km par jour et seulement 3 jours de repos.
Un compte rendu des attaques du 22 février 1915 fait état d'une très grande présence de tirs de mitrailleuses occasionnant de lourdes pertes dans les rangs des premières vagues d'assaut. Les pertes se compte par centaine, l'artillerie n'a pas pu détruire le réseau de barbelés et les hommes ont été arrêtés par les tirs croisés des mitrailleuses. Les assauts vont se succéder sur plusieurs jours pour un gain de terrain de quelques mètres. La configuration du terrain ainsi que la proximité des lignes allemandes ne permettent pas de mener à bien le travail des brancardiers du 72e RI. Plusieurs blessés mourront sur le terrain faute de soins et les nombreux corps de soldats tombés pendant l'assaut n'ont pas pu être ramassés.
Le décès de Joseph Caron a bien été constaté sur le terrain mais son corps n'a pas pu être ramassé. En l'absence de nouvelles sur la situation de Joseph Caron, sa femme tente désesperement d'obtenir des informations. Elle écrit à plusieurs reprises au Capitaine Laigle au dépôt du 72e RI à Morlaix mais la réponse reste négative. L'acte de décès officiel est transmis le 4 août 1917 à Paris, lieu de résidence de Madame Caron. En 1919 , des courriers sont échangés avec des parents dont les enfants étaient soldats au 72e RI ( tués également le 22 février 1915 ). Voir extrait ci contre.
Le 4 mai 1919, un autre courrier adressé par le maire de Mesnils les Hurlus précise qu'après une visite sur le terrain des combats et à la recherche des tombes du 72e RI: " il s'avère très dangeureux d'emprunter les chemins de ce secteur qui n'a pas été déminé " (extrait du courrier). Un service de repérage va être organisé pour les militaires tombés au champ d'honneur et portés comme disparus. Ce service sera organisé par un officier et toutes mesures de précautions seront prises pour l'identification.
Le 28 juillet 1921, un courrier provenant de l'officier de l'état civil du secteur de Mesnils les Hurlus précise qu'il n'a aucun renseignement concernant le soldat Joseph Caron du 72e RI.
Jospeh Caron sera décoré à titre posthume le 19 novembre 1921, de la Croix de guerre avec étoile d’argent. Son deuxième fils, Edouard, naîtra le 24 mai 1915, trois mois après sa disparition. Sa veuve refera sa vie en 1925, mais pour des raisons familiales inconnues, les relations avec les parents de Joseph resterons éloignées En 1975, son fils André renouvellera un lien avec la fille de sa tante Joachim. Jospeh Caron tué le 22 février 1915 n'a pas de tombe connue et compte parmi les 80 disparus du 72e RI fin février 1915
Merci à Mr Daniel Caron pour la documentation
Caporal Joseph Caron au 16e BCP en 1910 ( debout en 3e place à partir de la gauche )
En octobre 1911 il est employé à Lille comme comptable aux Galeries Lilloises. Dans ce laps de temps il fait connaissance de sa future femme, Alphonsine Euphroisine BOURBOTTE (fleuriste) avec laquelle il se marie le 27 juillet 1912 à Lille . Ses témoins sont deux sous officiers du 16éme BCP, dont l’un est le beau frère de sa future. Plus tard il entre aux PTT en qualité de facteur à Paris mais son but était de passer le surnumérariat des Postes pour être nommé au Maroc (alors sous protectorat). Il réside alors rue des Solitaires (quartier de Belleville) où son épouse tient une boutique de mercerie. De cet union naît un fils, André, le 19 juin 1913 à Paris.
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Joseph Caron est rappelé à l'activité le 3 août 1914, mobilisé au 72e RI d'Amiens . Il ne part au front que le 26 septembre 1914 avec une vague de renforts. Il ne participe pas aux combats dans la Meuse ainsi que dans la Marne. Fin février 1915, le 72e RI est mobilisé pour les combats en Champagne, le 22 février 1915 le régiment attaque dans le secteur de Mesnils les Hurlus au Bois Jauné Brûlé et Bois accent circonflexe. C'est au cours des combats du 22 février 1915 que Joseph Caron est tué.