Accueil Combats à Le Buisson 6 sept 1914Portrait de Georges Beaugrand, ancien soldat au 72e RI et député de la ville de Paris
Cette captivité lui permit d'apprendre l'Allemand mais surtout de faire connaissance avec des gardiens allemands, des socialistes allemands, des prisonniers russes et des prisonniers français tels ces mineurs du Pas de Calais qui surent lui décrire les luttes revendicatives de leur corporation et de leur organisation syndicale. Présent à Nuremberg le 9 novembre 1918 lors de la grande manifestation pour la paix et l'organisation des conseils d'ouvriers et de soldats, Beaugrand crut assister à "l'acte décisif de la phase révolutionnaire". Il préféra rester en Bavière clandestinement plutôt que d'être rapatrié. Ce choix lui valut d'être considéré à son retour en France comme un déserteur. Emprisonné et inculpé, il passa en conseil de guerre pour "refus d'obéissance". Acquitté, il fut démobilisé. Par la suite il entame une longue carrière en politique: militant communiste, Député de Paris (1928-1932) ; Maire de Gentilly (1934-1940) ; Conseiller général de la Seine (1935-1940). Il est déchu de ses mandats de maire et de conseiller général en février 1940 et se réfugie dans l'Yonne où il se met au service des militants de la région. Il est arrêté et interné au camp de Pithiviers en septembre 1942. Libéré le 10 août 1944, l'Humanité le dénonce en octobre comme « traître au parti et à la France ». S'estimant victime d'un complot, Beaugrand essaye en vain de se défendre, mais reste exclu du PC. De retour en région parisienne en 1947, il milite au Secours populaire, au Mouvement pour la paix et au Syndicat des retraités. Il est même élu conseiller municipal à Chaumes-en-Brie de 1963 à 1965 où il siège aux côtés d'élus communistes. À la fin des années 1960, il revient dans l'Yonne avant de s'établir dans le Cher. Il est réintégré dans le PC en 1977 et décède le 13 septembre 1981 à Vesdun dans le Cher. Sources: Archives d'Etat russe d'histoire politique et sociale (RGASPI-Moscou): 495/270/8478; Centre des Archives contemporaines (Fontainebleau): 19940434 art 165 dos 13651; notice de Jacques Girault dans le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, CD-Rom, 1997
Fils d'une couturière, petit-fils et fils d'ouvriers des abattoirs, G. Beaugrand est né le 24 octobre 1893 à l'hôpital Lariboisière de Paris (Xème) Dès son plus jeune âge, de par sa propre volonté, il est ouvrier moutonnier aux abattoirs de La Villette Très tôt, il participa aux activités des travailleurs des abattoirs assistant aux grandes manifestations de l'époque. Il fréquentait de préférence les Jeunesses Socialistes où i1 retrouvait des camarades d'enfance. Il lisait de temps à autre l'Humanité et se déclarait selon ses souvenirs "un peu admirateur de Gustave Hervé pour l'allure combattive de ses écrits qui pouvaient s'adapter à ma formation et mes besoins d'action". Le travail épuisant des abattoirs l'empêcha de compléter ses connaissances. Jusqu'à son régiment en 1913, il se contenta de ne pas oublier ce qu'il avait appris et essaya même d'en apprendre un peu plus en lisant des livres que des camarades plus instruits l'aidaient à comprendre. Entré dans l'armée en novembre 1913, Beaugrand fut mobilisé comme soldat du 152ème régiment d'infanterie à Gérardmer (Vosges) puis au 72ème régiment d'infanterie à Amiens dans la 11e compagnie du 3e bataillon, il connut le front en Belgique et la retraite jusqu'à la Marne avant d'être fait prisonnier au cours des combats à Le Buisson sur Saulx le 6 septembre 1914. Transféré en Bavière au camp de Grafenwhör jusqu'en 1915, il fut envoyé dans une mine de lignite à Wakerdorff (Haute-Bavière). Là, il participa avec ses camarades prisonniers à des actions pour ralentir la production. Après une tentative d'évasion qui échoua, il fut interné en juin 1917 à Bayreuth puis à Nuremberg.