Décembre 1916 Novembre 1916 Octobre 1916 (2) AccueilL'offensive du 5 novembre est un échec total , les rapports signaleront un terrain très boueux et fortement boulversé par l'artillerie ennemie située à contre pente derrière le Bois St Pierre Vaast. La troupe éprouve d'énorme difficulté à progresser sur le terrain et s'enlise dans la boue, les armes s'enrayent régulièrement. Le 72e RI, resté en alerte ne participera pas à cette offensive mais les bataillons en ligne derrière le 28e BCP, seront les premiers témoins de cet échec. 8 novembre 1916 , après avoir relevé des éléments du 76e RI toujours au Nord de Bouchavesnes, les bataillons du 72e RI repartent vers le cantonnement de Chipilly. 12 novembre 1916 , le régiment reçoit son ordre de mouvement, il part dans le secteur de: Thory (au sud d'Amiens) où s'installent l'Etat Major et le 1er bataillon, à Sentelie s'installent les éléments du 2e bataillon quant aux hommes du 3e bataillon, ils s'installent à Brassy. 18 novembre 1916 , le 72e RI quitte le secteur de Thory par chemin de fer pour un campement près de Chalon sur Marne à Sarry.
Le soldat Michel Nely 1ère Cie 1er Bataillon du 72e RI, consignera dans son carnet de notes les derniers jours de son régiment à Bouchavesnes. Voici un extrait des notes du dimanche 5 novembre 1916, le jour de l'offensive vers le secteur ouest du Bois St Pierre Vaast:
Caporal Rodarie Emile 1891 - 1916
Depuis le 20 octobre 1916 le 72e RI est en repos à Chipilly et y restera toute la fin du mois d'octobre 1916. Le régiment en profite pour reconstituer ses effectifs en officiers et sous officiers après les importantes pertes lors des offensives du mois d'octobre. 2 novembre 1916 , les bataillons du 72e RI remontent sur Bouchavesnes et relèvent une partie des effectifs du 91e RI. Sur le terrain les hommes s'activent à améliorer avec l'aide du génie le reseau des tranchées et des parallèles de départ. Une offensive en collaboration avec les troupes Britannques se prépare. Le 5e CA prendra pour objectif et direction La Ferme du Gouvernement au Nord du Bois St Pierre Vaast, sur la gauche le 32e CA prendra comme objectif Sailly Saillisel; l'offensive doit évoluer vers le nord de Bouchavesnes à travers les lignes allemandes du Bois St Pierre Vaast. Lors de l'offensive les bataillons du 72e RI restent en réserve de division. On dénombre des pertes mais essentiellement par tirs d'artillerie ennemies.
" Le temps est beau, on rit, 8h notre artillerie fait rage...qu'est ce qu'on a à dire ?. Nous allons attaquer vers 11h, les préparatifs: vivres et munitions, à 9h nous sommes prêt. Objectif de la section la première ligne boche intacte garnie de mitrailleuses et de fusils qui, nerveusement, sentant venir l'attaque, tiraillent. La mort en face, impression et réflexion dans l'attente. Nous avons creusé dans la tranchées des marches pour mieux bondir. 11h rien !. anxieusement nous attendons longtemps, longtemps rien n'arrive. 17h l'attaque est manquée. Les alpins du 28e BCP à notre gauche et notre droite n'ont pas atteint leur objectif. Nous regagnons nos emplacements de repos...soupir." Il termine ses notes ainsi: 20h, la nuit, j'aperçois sur la crête en face, se découpant nettement sur le ciel un groupe qui se déplace puis une longue ligne de tirailleurs sur le gris du ciel. Alerte, on tiraille les boches continuent leur remu ménage puis tout finit par rentrer dans l'ordre." Merci à Mr Rémi Payre pour ce document
Michel Nely est né le 10 janvier 1897. Originaire de la montagne Bourbonnaise, il fait l'Ecole Normale de Moulins sur Allier juste avant de partir au front avec le 72e RI. Il sera blessé au Chemin des Dames près de Cerny le 21 juin 1917. >>> combats du 21 juin 1917 Michel Nély décède le 27 janvier 1997, quelques temps après avoir reçu la Légion d'Honneur.
Quelques jours auparavant Michel Nély décrit ses premières impressions sur le front de la Somme : " J eudi 02 novembre 1916 Départ de Chipilly La route : les organisations de l’arrière La halte au ravin en arrière de Curlu. Ruines et désolation. Les canons de 240. Départ à 16 heures sac au dos. La route. Curlu. Maurepas. Cléry. Le sac est lourd ! Première pause sous les obus. La marche en colonne par un dans la boue et les trous d’obus. La souffrance physique devient aigue. Arrivée au ravin. Les cagnas de la réserve, confortables et éclairées : elles ne sont pas pour nous. Il faut repartir. Le tir de barrage : on se réfugie dans le boyau étroit et plein d’eau : le baptême de la boue. On marche sur le parapet. La fatigue. La colonne part, puis se coupe. Les hommes qui tombent et restent dans la boue harassés et gémissants. La colonne s’arrête : je dors dans la boue ! On repart. La fatigue est à son paroxysme. Le boyau étroit aux parois suintantes : nous sommes chez nous. Les boches sont à 50 mètres : nous prenons le service.
Liste des pertes à BouchavesnesVendredi 03 Premier jour de tranchée. La tranchée boche. Quelques cadavres français. En arrière : Bouchavesnes. On aménage des abris. Le mien m’ensevelit. Le soir : premier bombardement. Je me réfugie dans la cagna de Lafaye Travail de nuit. Fatigue. A 23 heures, le ravitaillement : 1 cuillerée de patates et du pain couvert de boue. Le bon pinard trop rare. Samedi 04 On aménage la tranchée : bombardement. On cesse le travail. Bisombes blessé. La soif : l’eau du trou d’obus.