Accueil 13 Octobre 1916Auguste Duhen quitte Antoing le 2 août 1914 appellé à la mobilisation au 272e RI d'Amiens au grade de Sergent de la 21e Cie . Il participe à toute la campagne de Belgique, la retraite puis la victoire de la Marne jusqu'à la poursuite de l'ennemi jusqu'en Argonne où le front se stabilise. Le 30 octobre 1914, Auguste Duhen est blessé grièvement à la machoire dans une charge à la baionette, dans un même temps une balle vient lui briser la machoire inférieure. Le 272e RI est à cette période dans le bois de la Gruerie. >>> Récit des combats du 30 octobre 1914 Auguste Duhen sera soigné à Guerche hopital temporaire N°38 dans le Cher. Dans une correspondance datée du 3 novembre 1914, il donne le récit des circonstances de sa blessure: " Le matin du 30 octobre, je recevais l'ordre de reprendre les tranchées1 et 2, c'est en arrivant à la hauteur d'une tranchée allemande qu'un tireur couché au fond m'a tiré une balle qui a percé ma capote, longé ma poitrine et m'a atteint en dessous du menton ".
En octobre 1916 , le 72e RI monte en ligne à Bouchavesnes , secteur difficile de la Somme. Depuis plusieurs jours, le régiment lance des offensives afin de controler les hauteurs de Bouchavesnes Moislains et Bois St Pierre Vaast. le Lt Duhen sera le premier officier a occupé la tranchée de Sanok avec des éléments de la 1ère compagnie le 6 octobre 1916 . Le 13 octobre 1916 , la 1ère compagnie du 72e RI commandait par le Lt Duhen occupait une ligne de tranchées en avant à environ 300 mètres à l'est de Bouchavesnes. L'ordre d'attaque est fixé à 13h mais et repoussé vers 17h. La mission, prendre la crête qui se trouvait sur la route Bouchavesnes Moislains .
La caporal Caignard (72e RI) fait prisonnier le 13 octobre 1916 avait pu en captivité faire passer à la famille du Lt Duhen une lettre racontant les circonstances de la disparition du Lieutenant. " A 17h, heure fixée de l'attaque, la seconde vague commandée par Auguste Duhen sort de la tranchée sous les coups de l'artillerie allemande. Les mitrailleuse faisaient un grand vide dans les rangs de l'attaque, après un bref temps d'arrêt où je pus rejoindre le Lieutenant, celui ci fut atteint à jambe par une balle de mitrailleuse; aidé d'un agent de liaison de la compagnie, je l'entrainais dans un trous d'obus où il me demanda de lui faire une ligature. Le sang coulait abondamment, la balle avait atteint la cuisse et touché l'artère fémorale. Malgrè bandes de pansements et mon mouchoir, le sang coulait toujours à flot "
Le Lieutenant Auguste Duhen reçu au cours de sa période militaire deux citations; A l'ordre de la Division : " Officier d'une haute valeur morale, a été blessé grièvement le 30 octobre 1914 en chargeant à la tête de sa section. Le 6 mars 1916 au moment où une mine ennemie venait d'exploser, a fait preuve d'énergie de décision et de sang froid en prenant rapidement toutes les dispositions judicieuses pour l'occupation de l'entonnoir produit ". A l'ordre du Corps d'Armée : " Officier de la plus haute valeur morale; est tombé glorieusement, frappé à la tête de sa compagnie qu'il conduisait à l'assaut ".
" Nous avons déboutonné la capote de Mr Duhen, dénoué sa cravate, et sur son chandail s'étalait le drapeau du sacré coeur. Il avait son chapelé entre les mains. Petit à petit on sentait ses forces diminuaient et il finit par perdre connaissance, ses dernières pensées avaient été pour sa mère et la Sainte Vierge ." Quelques instants plus tard le caporal Caignard fut fait prisonnier et laissa le Lt Duhen seul dans le trou d'obus. Le Lt Duhen fut déclaré mort et disparu le 13 octobre 1916. Son corps ne fut jamais retrouvé.
4 semaines après sa convalescence, Auguste Duhen gagne le grade de sous lieutenant et remonte en ligne au sein du 72e RI aux Eparges mi avril 1915. Après les durs combats sur la crête des Eparges, il gagne le grade de Lieutenant. Un avancement très rapide rendait hommage à ses qualités de bravoure, à l'allure et à la bonne tenue qu'il avait su éxiger de ses hommes. En juin, le 72e RI retourne en foret d'Argonne, au Bois de la Gruerie secteur Bolante. Le 22 juillet 1915 dans une correspondance Auguste Duhen écrit: " Je vais toujours bien mais le 13 juillet les allemands nous ont envoyé de leurs obus en bromure de benzyle et là je me suis servi de mes souvenirs de chemico - nasaux (...). Dès le 15 , j'ai été envoyé commander la 1ère Cie comme Commandant, depuis cette date je suis en première ligne avec tout un secteur à organiser ." Auguste Duhen passe toute l'année 1915 sans incident.
Groupe d'officiers du 72e RI lors d'un moment de repos au lieu dit "Les sapins" Argonne 1916. Le Lt Duhen se situe en 4e position.
Auguste Duhen est né à Auxi le Chateau (62) le 22 août 1885, en 1894 il entre à l'école La Providence à Amiens et l'a quitte en 1902 bachelier en philosophie. Durant ces études à Amiens il fut l'un des membres actifs et fondateur de l' association amiénoise des jardins ouvriers. Le 15 octobre 1903 après une année succés dans des études de droit, Auguste Duhen entre dans la compagnie de Jésus. Son noviciat achevé à Arlon en Belgique, il se remit à l'étude des lettres et acquis un diplome de licencié és lettres. Un an de service militaire au 72e RI d'Amiens puis Auguste Duhen part à Gemert en Hollande, il s'applique à l'étude de la chimie et des sciences qui devait le mener au grade de licencié és sciences physiques. En 1910 1911 il entre comme professeur de physique chimie au collège d'Antoing en Belgique. Au collège d'Antoing en Belgique, Auguste Duhen s'inscrit dans la chorale et participe à des représentations théatrales en tant qu'acteur. Plusieurs élèves du collège diront de lui: " Il déployait son merveilleux bon coeur, prêt à rendre service, à entrainer, égayer la foule ."