Accueil Octobre 1915 (2) Octobre 1915 (3) Offensive en Champagne Octobre 1915 (1)Au 272e RI le soldat François Louchart (4e Bataillon 16e Cie) participe à l'attaque de la butte de Tahure dans la seconde vague d'offensive, ile sera blessé à l'épaule gauche par un éclat d'obus. Evacué de Tahure il sera soigné à l'hopital 54 de Vichy du 8 octobre au 25 novembre 1915 et rejoindra le dépot à Morlaix le 5 décembre 1915
Le Lt Dubois (272e RI) est blessé à mort, le Lt Pecquet a une grave blessure à la tête, il en va de même pour l'adjudant Goudemant (18e Cie) tué au côté de son camarade Philippo en chargeant dans le rue principale de Tahure. La 13e Cie (Capitaine Belmère ) a subit les plus lourdes pertes (60% de son effectif), la Cie a été prise d'enfilade par les mitrailleuses ennemies lors de l'assaut d'une tranchée. Au 6e Bataillon, la compagnie Debeauvais (23e ) placée en flêche au Bois des Clairières a subit des pertes importantes, son commandant de cie est tué. Le Lt Broutin commandant la section de mitrailleuses est blessé mortellement. Le commandant Dye du 4e Bataillon est enseveli dans son gourbi mais est dégagé par ses hommes.
6 octobre 1915, la 3e DI dont fait parti le 272e RI a pour mission de s'emparer du village de Tahure et de la butte un peu plus à l'ouest du village, l'offensive vers Tahure est avancée vers 5h20 et se fera de concert avec le 128e RI. Plusieurs phases de l'attaque: - Enlèvement des premières lignes de tranchées face au front - Investissement complet du village de Tahure jusqu'au débouché Nord Est, la troupe empruntera le ravin 189 pour l'attaque Un bataillon du 128e RI ( De Sugny ) attaquera en deux vagues de deux Cies séparées d'une distance de 80 à 100 mètres, cette attaque sera appuyée par un bataillon entier du 272e RI: le 5e Bataillon du Commandant Bourgeois qui progressera vers la partie Nord de Tahure. Une Cie 1/2 du 272e RI (14e et un peloton de la 13e Cie) sous le commandemant du Capitaine Sigeon doit occuper la tranchée de départ comme garnison immédiatement après le départ des unités d'assaut. Les mitrailleuses du 272e RI (3 sections Lt Broudin ) participent à l'attaque sur le secteur droit du village et se placent derrière la seconde vague. Les 4e Bataillon (celui de François Louchart 16e Cie et 6e Bataillon) commandés par les commandants Dye et Delloye interviendront en réserve de Brigade derrière le 128e RI qui attaquera le village de Tahure.
Pour le 272e RI les pertes sont de : 39 tués et 182 blessés Pour le 128e RI les pertes sont de: 108 tués et 278 blessés
6 octobre, 5h20 l'attaque se déclanche. L'état major du régiment et le 5e Bataillon doivent emprunter un boyau qui conduit du Bois 154 aux carrières du chamin de Souain à Tahure, l'embouteillage est indescriptible au débouché de ce boyau où des éléments du 51e RI, du 87e RI se croisent avant l'attaque. Les hommes sortent de la tranchée dans un vive élan sous le feu des mitrailleuses ennemies, au 128e RI le Colonel Chardoillet est tué par un éclat d'obus vers 4h (1h20 avant l'attaque) son adjoint le Capitaine Leclercq prend de suite le commandement du régiment mais est à son tour blessé; le Commandant Mouloise prend la relève. La progression des hommes sur le terrain se fait avec pertes mais les premières lignes sont atteintes et conquises. 6h30 , le 128e et 272e RI encerclent le village de Tahure par le nord et occupent les débouchés nord-est du village. La lutte est acharnée, les bataillons du 128e RI et le 5e Bataillon du 272e RI atteignent le village et la 18e Cie (Lt Pelle) charge au centre de Tahure. Les 4e et 6e Bataillons du 272e RI suivent en seconde vague est atteignent la butte malgré des pertes sévères. De son côté le 87e RI s'est emparé des positions fortes du Trident , du Fourmilier et de La Brosse à Dent situées à droite de Tahure. A 7h du matin Tahure est occupé définitivement, on capture 200 prisonniers et les allemands laissent une quantité importante de matériel divers. Dans la journée du 6 octobre des éléments du 11e Corps (62e et 205e RI) viennent s'établir dans Tahure et sur les hauteurs de la butte de Tahure.
Au 272e RI le Capitaine Quentin Bauchart (19e Cie) est blessé par éclat d'obus au bras gauche, évacué vers l'arrière il sera soigné à l'hopital de Clermont Ferrand jusqu'au 20 octobre 1915. Par la suite il sera transféré au 72e RI.
A la suite de la prise de Tahure et de la butte, la 5e Brigade a été citée à l'ordre de l'Armée dans les termes suivants: " La 5e Brigade (128e et 272e RI) sous les ordres de son chef, le Colonel Nérel, s'est porté vigoureusement à l'attaque d'un village fortifié et d'une crête fortement tenues par l'ennemi; a conquis d'un seul élan les positions, où elle s'est maintenue et organisée, malgré les contres attaques ennemies et un violent bombardement d'obus de gros calibres et asphysxiants. " Ordre de la 11e Armée n°43 du 21 octobre 1915 .
Le Trapèze 6-8 octobre 1915 Récit d'un Témoin Les troupes bretonnes et vendéennes que leur élan avait entraînées le 25 septembre vers le Nord, jusqu'aux pentes de la butte de Tahure, ont combattu depuis ce jour face à l'Est. Attaquant de flanc les ouvrages que notre attaque frontale n'avait pu entamer, elles ont fait tomber l'une après l'autre, avec une remarquable continuité de succès, les défenses que les Allemands cherchent à leur opposer. Le Trapèze. - La ligne allemande au Nord du Mesnil figurait assez exactement une forteresse doublement bastionnée, à l'Est par la butta du Mesnil, à l'Ouest, par les deux hauteurs des Mamelles, cotées 187. Entre ces bastions, « la Courtine » était représentée par une quadruple ligne de tranchées placées à contre-pente et échappant aux observations. Ces défenses avaient résisté, le 25 septembre, à notre préparation d'artillerie. Sur la Mamelle Sud, où les ouvrages allemands sont connus, en raison de leur forme, sous le nom du « Trapèze », nous n'avions pu prendre pied. La ligne allemande y était tracée au rebord du plateau, ayant des vues sur nos tranchées et dérobée, dans sa plus grande étendue, à notre propre vue. La Mamelle Nord était tombée en notre pouvoir et nous étions ainsi parvenus à border le Trapèze sur trois faces. Les défenseurs allemands ne disposaient plus, pour leurs communications, que de quelques boyaux sur une largeur d'à peine 300 mètres. Néanmoins, ils se maintinrent dans leurs tranchées avec opiniâtreté. Il fallut, pour les maîtriser, employer les moyens matériels les plus puissants. Ce fut d'abord l'explosion d'un fourneau de mine chargé de 22.000 kilos d'explosifs qui, sur une longueur d'environ 80 mètres, fit disparaître la tranchée allemande. Au bout de quelques jours, la résistance allemande fléchit; les pertes étaient trop lourdes. Sous le bombardement, les derniers survivants s'enfuirent, et quand nos troupiers pénétrèrent dans l'ouvrage, ils y trouvèrent, au milieu de cadavres déchiquetés, non enterrés (parmi lesquels ceux de quelques officiers), 43 blessés abandonnés par les leurs. Fusils et mitrailleuses jonchaient le chaos des tranchées détruites; les abris-cavernes étaient comblés. La défense du Trapèze avait coûté à l'ennemi l'effectif d'au moins un bataillon, car nous y avons fait des prisonniers de trois régiments Entre Tahure et le ravin de la Goutte. - Plus au Nord, dans la région boisée et mouvementée qui s'étend entre Tahure et le ravin de la Goutte, la journée du 8 octobre a été également marquée par d'autres engagements heureux. Le 6, nous nous étions rendus maîtres des tranchées du bois « en brosse à dents », mais nous n'avions pu prendre deux petits fortins qui formaient, face au Sud, la défense avancée de ces tranchées. Les Allemands les avaient transformés en ouvrages fermés et garnis de mitrailleuses. Ils avaient, en même temps, creusé face à l'Ouest une nouvelle tranchée coupant le ravin de la Goutte. Le 8, à l'aube, un coup de main fut tenté par quelques bataillons donnant l'assaut, les uns du Nord vers le Sud, les autres du Sud-Ouest vers le Nord-Est. Les ouvrages et les tranchées nouvelles tombèrent, et nos troupiers eurent la joie d'y trouver force cigares, boîtes de conserves et approvisionnements de toutes sortes. Dans un emplacement de batterie abandonné, on découvrit tout un lot de munitions de 105. Au moment où notre attaque débouchait, un bataillon allemand s'apprêtait à faire la relève des tranchées. En quelques minutes, il fut pris sous le feu de notre artillerie. Des compagnies, les unes se dispersèrent en désordre et non sans pertes, les autres, prises dans le mouvemont enveloppant exécuté par nos troupes, se rendirent, officiers en têtes L'affaire fut très rapidement menée avec des pertes légères. Les troupes qui ont remporté ce succès et affirmé une fois de plus leur ascendant sur l'adversaire étaient au feu sans interruption depuis le 5 septembre. Publié le 13 octobre 1915