Offensive de Champagne 27 septembre 1915 - 24 octobre 1915
Offensive en Champagne Octobre 1915 (1) Accueil Septembre 1915Fixée à la date du 25 septembre, cette offensive se déclencha entre la vallée de la Suippe et la lisière ouest de la forêt d'Argonne, dans ces plaines nues et grises.Cette lutte de douze jours porte dans l'histoire le nom de bataille de Champagne. Elle évoque symboliquement un dessein vite abandonné, de retour à la guerre de mouvement, et une libération relativement importante de terre française. Au point de vue technique, elle marque une étape bien déterminée de la guerre. Prélude Ce fut la première fois qu'on vit donner tant de valeur à la préparation d'artillerie. jamais non plus on n'avait remué autant de terre pour procurer aux troupes d'assaut de propices emplacements de départ. L'infanterie disposait de mitrailleuses en nombre sensiblement plus élevé, et elle allait se servir pour la première fois des grenades moderne grenades à fusil ou grenades à main munies d'une mise à feu à temps. La cavalerie sortit de sa longue inaction pour prendre au combat une part qu'elle ne retrouvera plus jusqu'à la fin de la guerre. Enfin, on partait avec l'espoir de rompre, dans toute leur profondeur, les organisations ennemies. D'avance, le général Joffre considérait cette offensive comme l'opération principale de la campagne de 1915, et il la prépara durant trois mois avec le soin le plus minutieux. Son objectif essentiel était de rompre le front adverse et d'en repousser les débris assez loin pour nous assurer une zone de manœuvre. « Il faut, disait-il dans ses instructions aux commandants d'Armée, profiter des circonstances présentes, qui ont amené les Allemands à dégarnir leur front occidental, pour rompre leurs lignes de défenses organisées et les forcer à accepter la bataille en rase campagne. La soudaineté et la puissance de notre attaque doivent les désemparer. Pour mieux nous ménager le bénéfice d'une surprise et donner à l'opération son maximum de portée, cette offensive devait coïncider avec une attaque secondaire, entreprise dans la région d'Arras (L’ offensive en Artois,sept) par les forces combinées du général Foch et du Maréchal French . Ainsi l'ennemi se trouverait menacé des deux côtés de l'équerre de Noyon. En outre, cette grande action de Champagne serait appuyée par une manœuvre offensive de la 3e Armée sur la rive droite de l'Aisne, et par une action défensive de la 5e Armée entre Craonne et le massif de Brimont. Le général de Castelnau avait été chargé de la conduite générale de l'offensive en Champagne. Pour l'exécution de cette mission, il avait groupé les forces, dont il disposait, en deux Armées : la 2e, commandée par le général Pétain , l'ancien et déjà glorieux chef du 33e Corps d'Armée, en Artois, et la 4e, sous les ordres du général de Langle de Cary . Elles constituèrent une énorme masse de manœuvre de vingt-neuf divisions et de deux Corps de cavalerie (9e,16e, 22e, 29e dragons, 11e chasseurs à cheval), appuyée par huit cents pièces d'artillerie (2e,3e,15e,25e,26e,29e,37e,39e,40e,44e,51e,54e,56e, et 61e régiments d’artillerie) En face, dans l'immense plaine aride et crayeuse coupée de bois, le général von Einern, avait organisé le terrain en deux zones de défense la première présentant de trois à cinq lignes de retranchements séparés par des réseaux barbelés; la seconde, à 4 kilomètres en arrière, moins puissante, mais établie selon le perfide procédé de la contre-pente, et reliée à la première par des tranchées en tous sens. Notre État-Major avait primitivement fixé au 8 septembre la date de l'offensive; mais les généraux de Castelnau et Pétain firent connaître qu'un délai leur était indispensable. Notre intérêt exigeait une exécution rapide de l'opération. Le 25 septembre après une préparation d'artillerie de trois jours les IIe et IVe Armées sous la direction du Général de Castelnau essayent de rompre les positions allemandes d'Aubérive à Ville sur Tourbe. La première ligne est anéantie sous le déluge d'acier et se trouve enfoncée sur trois km d'Aubérive à Mesnil les Hurlus, les Français buttent alors sur la seconde ligne allemande à contre pente avec un réseau de barbelé intact et infranchissable car dissimulé à la vue. Du Mesnil à Ville sur Tourbe le front ne bouge que de quelques centaines de mètres, les positions aménagées en fortin sont imprenables. Le 29 l'attaque est arrêtée, elle laissera 138576 hommes hors de combat , c'est un échec. Le 6 octobre les combats reprendront pour dix jours afin de rectifier les aspérités du front, surtout vers Tahure .