Accueil Le 72e RI à RoscoffLettre du sergent fourrier Lucien Bénard (19e Cie 272e RI) adressée à sa mère. Lettre datée du 8 novembre 1914 depuis le Grand Hotel d'Europe à Morlaix . Lucien Bénard sera tué le 17 juillet 1915 à la tranchée de Calonne.
Caserne des Jacobins à Morlaix . Caserne Colbert . Un ancien couvent qui accueillera des soldats du 72e, 272e RI et 12e RIT durant toute la guerre. Notez que la légende de la CP indique "Caserne du 72e d'infanterie".
Photo d'un état major d'une compagnie de dépôt du 72e RI. Les officiers posent dans le jardin de chateau de Coetquidan requisitionné pendant la 1ère guerre mondiale.
page 1 page 2 page 2Caserne Guichen. Morlaix. Dépôt du 72e et 272eme RI Suite à l'occupation provisoire de la ville d' Amiens en 1914, ville de garnison des 72e 272e et 12e territorial, le dépôt sera transféré loin du front, à Morlaix en Bretagne dans la caserne Guichen et la caserne Colbert. Par centaines les jeunes recrues, les récupérés, les blessés et les convalescents sortis des hopitaux sont passés en cette ville de Bretagne devenue suplénate d'Amiens. Morlaix appelle également le souvenir du commandant Lagüe , un nom respecté de tous. Blessé lors des premiers combats de 1914, il fut appelé peu de temps après au commandement du dépôt commun des 72e 272e et 12e territorial. Vrai chef imposant sans vianes tracasseries l'observance de la nécessaire discipline, il gagnait vite par sa paternelle bonhomie le coeur de tous ceux qui l'approchaient. La ville de Morlaix séduisait les esprits curieux de sites pittoresques, ces vieilles maisons accroupies au fond d'une vallée profonde contrastent étrangement avec les maisons neuves et blanches étagées parmi la verdure sur les versants abrupts. Morlaix était devenue une ville à demi Picarde dans son cadre breton, pour un soldat du front qui venait en convalescence dans cette ville, il y trouvait un repos bien loin de la misère et de la mort; le contraste et la douceur de vivre y sont saississant.
Devant l'avance des troupes allemandes en Août 1914, la ville d'Amiens est directement menacée. Le samedi 29 août 1914 , tout espoir est perdu, les habitants commencent à quitter la ville, les dépôts d'Amiens se retirent ainsi que les intendances. Ils s'en vont de façon si précipitée qu'ils abandonnent à la manutention une quantité considérable de pains et de farine; à la caserne Friand des boites de conserve, aux quartiers Gribeauval et Stengel une trentaine de chevaux. Début septembre 1914, le dépôt du Corps se trouve transféré à Morlaix . Lundi 31 août 1914 , les prussiens sont à Amiens, ils défilent dans les rues sous les yeux consternés des habitants qui ont décidé de ne pas quitter la ville. La ville ne sera plus sous l'occupation allemande le samedi 12 septembre 1914.
Caserne Guichen à Morlaix. Détruite dans les années 70
Le soldat qui était au dépôt du Corps à Morlaix revenait le plus souvent après un séjour à l"hopital suite à une blessure. Sur place il reprennait une activité militaire: entrainement physique, maniement des nouvelles armes (en 1915 1916 et 1917) et instruction diverses. Pour d'autres soldats ils pouvaient être employé comme ouvrier agricole dans les fermes de la région. De nombreuses lettres de poilus du 72e et du 272e RI témoignent de cette activité agricole non sans oublier de citer cette douce tranquilité loin du front, de l'ennui, de la misère et de la mort.