AccueilDésiré Richard va consigner dans un carnet ses mémoires de guerre, il s'attardera longuement sur sa période au front ainsi que les périodes de repos à Morlaix où il sera employé comme ouvrier agricole. Les moindres détails y sont repertoriés: date des blessures, circonstances, les hopitaux qu'il a fréquenté, l'ambiance au sein des régiments; les années 1917 et 1918 sont les plus détaillées notamment la prise du village de Ribécourt auquel il participera au sein du 288e RI . Désiré Richard sera décoré de la Médaille Militaire, de la Croix de Guerre avec étoile, de la médaille de Verdun puis de la Légion d'Honneur le 22 janvier 1978. Désiré Richard est décédé le 27 octobre 1984 à l'age de 93 ans
Suite à son opération, il passe devant la comission de réforme mais celle ci je juge "Bon pour le service" malgré sa garve blessure; néanmoins il ne regagne pas le front et rejoindra de nouveau le dépôt du Corps à Morlaix le 26 juillet 1916. Dans la région de Morlaix, il participe à de nombreux travaux agricoles. Le 9 octobre 1916 , Désiré Richard est envoyé en "stage de mitrailleur" aux Sables d'Olone . Le 5 novembre 1916 , il rejoint le 155e RI. Désiré Richard est de nouveau blessé (sa 3e blessure) le 23 août 1917 face au village de Beaumon près de Verdun. Il sera évacué sur Lyon puis à l'hopital de Chambéry où il y restera plusieurs mois. Le 17 novembre 1917 il quitte l'hopital et rejoint St Brieux le 5 décembre 1917 après quelques jours de convalescence. En mai 1918 , Désiré Richard incorpore le 288e RI, il participe à la prise du village de Ribécourt qui lui laisse un terrible souvenir qu'il consignera dans son carnet personnel. En novembre 1918 , son régiment est dans les plaines de l'Aine, il participe à la libération de plusieurs villages où les habitants les accueillent en "libérateur" pleurant de joie. Queques jours plus tard le288e RI arrive à Renansart au sud de Saint Quentin , c'est dans cette commune que le 11 novembre 1918 Désiré Richard apprend la signature de l'armistice. Il note dans son carnet " Nous nous sommes tous embrassé et avons pleuré de joie ! ".
Désiré Richard à Bourseville sa ville natale lors de la remise de la Légion d'Honneur le 22 janvier 1978
Désiré Richard sera soigné de sa grave blessure au coeur à l'hopital annexe de l'hopital auxiliaire n° 101 de l'usine Michelin à Clermond Ferrand. Il y restera du 1er janvier au 25 juin 1916 , la gravité de sa blessure ne permettant aucun déplacement dans un autre service médicale.
En hommage à Mr Gilbert Richard décédé en septembre 2010 Je remercie généreusement Mr Gilbert Richard qui a gardé précieusement les souvenirs de son père et avec lequel j'ai passé une chaleureuse journée de mémoire et d'histoire
Homme modeste et "terrien" Désiré Richard parlait très peu de la guerre, comme bon nombre de ses camarades survivants il préférait en parler qu'en petit commité de "copains de régiment". Il n'a gardé aucune haine du soldat de l'autre camp, qui selon lui n'a fait que son devoir de militaire ! une émouvante anecdote vient confirmer sa pensée; dans les années 60 au cours d'un repas Désiré Richard rencontre un ancien combattant allemand de la grande guerre, au bout de quelques heures d'échange de souvenirs, les deux hommes se sont aperçu qu'ils avaient combattu au même endroit au cours de la même année, pris par l'émotion des témoignages ils se sont embrassés chaleureusement. De cette guerre Désiré Richard a gardé de nombreux souvenirs, 3 blessures dont les éclats d'obus logés près du coeur, son casque ainsi que sa lanterne avec laquelle il trouva son chemin afin de distribuer le "jus" à ses copains dans les tranchées près de Verdun.
Désiré Richard est né à Bourseville (80) le 11 septembre 1891. Son père Léon Richard est journalier au château de Bourseville sa mère, Maria Dentin, travaille chez des particuliers. Après avoir réussi son certificat d'études, Désiré a appris le métier de charcutier. Il perd son père à l'âge de 15 ans. Il commence son service militaire en 1911 au 72e régiment d'infanterie à Amiens. Il avait alors 20 ans. 45 jours avant sa libération il a appris qu'il était à nouveau mobilisé. En août 1914, Désiré Richard est mobilisé au 72e RI . Il fait toute la campagne de Belgique et sera blessé d'un éclat d'obus à l'épaule au cours des combats dans la Marne au Bois de la Gruerie le 18 novembre 1914. Désiré Richard sera évacué du front et soigné à l'hopital de Narbonne puis envoyé au dépôt du Corps à Morlaix en Bretagne. En fin d'année 1915, de nouveau au 72e RI, il est blessé une seconde fois le 22 décembre 1915 en forêt d'Argonne secteur Demi Lune (le seul blessé du régiment à cette date). Dans le coma, il est transporté à l'hopital de Bar le Duc puis par la suite à l'hopital de Clermond Ferrand (hopital de l'usine Michelin). Désiré Richard sera gravement blessé d'un éclat près du coeur, devant la gravité de l'opération, il supplie les médecins de l'opérer; l'opération réussit !.